Pascale Cayla
   | Vendredi 21 mai 2010 |

Cockatoo Island, suite et fin de l’histoire

biennaleParlons un peu de cette île de Cockatoo. Je m’aperçois que je  n’ai pas parlé de ce lieu extraordinaire.

C’est un vrai trésor du patrimoine industriel : un ancien chantier naval, une prison, des engins exceptionnels, des hangars et habitations encore remplis des armes de ceux qui en ont construit l’histoire.
Au hasard du parcours nous retrouvons, en ponctuation, des panneaux de Jonathan Barnbrook.
C’est Jonathan, établi à Londres, qui est l’auteur de  la charte graphique de cette biennale particulièrement réussie.
Cet ancien diplômé de la St Martin School en « graphic design », est aujourd’hui l’un des meilleurs typographes du monde.
Pour lui, le graphisme et les signes dans la ville influencent nos habitudes et changent notre perception de l’environnement. Son agence pratique toutes les formes de design.

Ici, encore, pur bonheur que l’installation d’Isaac Julien : “Ten Thousand Waves” 2010. Pas moins de neufs écrans nous transportent dans un monde poétique, magnifiquement esthétique, qui narre l’histoire  (vraie) d’un groupe d’ouvriers chinois ayant entrepris en 2004 un périple mortel pour l’Angleterre. L’installation nous parle d’espoir, d’initiation, d’immigration, de légendes et de coutumes. La musique est sublime et en totale harmonie avec les images.

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La rencontre avec l’artiste Roger Ballen (Show chez Kamel Mennour fin 2010) fut également un agréable moment. Cet artiste diplômé en psychologie, né à New York, vit et travaille en Afrique du Sud. Il photographie les villages les plus pauvres ou les institutions sanitaires. C’est à la fois violent, étrange et dérangeant, entre réalité et fiction, entre animal et humain. On ressort de la salle secoué, mais pas seulement avec la sensation que l’artiste a joué avec la corde sensible : c’est bien plus que cela…

biennalebis45Nous avons également pu admirer une magnifique installation appelée Larrakitj, Yolngu Artists. Il s’agit de 110 Larrakitj créés par 41 artistes et rassemblés au cœur de la biennale. Les Larrakitj sont des sculptures en bois commémoratives, anciennement utilisées pour les rites funéraires. Ils sont devenus aujourd’hui de véritables objets d’art, rendant hommage à la tradition et aux rites aborigènes.
biennale SidneyDernière gorgée de plaisir au Musée d’Art Moderne de Sydney: une remarquable installation d’Angela Ellsworth, une artiste américaine qui explore dans ses performances, sculptures ou installations les champs de la Femme. Elevée chez les Mormons, elle passe au crible leurs pratiques culturelles et religieuses. Ici neufs coiffes emblématique de cette communauté sont transpercées d’épingles à tête de nacre dont les bouts piquants ressortent à l’intérieur, tels des instruments de torture. Souffrance, inconfort et asservissement de la femme Mormon ou dure tyrannie du paraître ?
Une installation qui oscille entre  beauté  et  cruauté, pureté et  sadisme….
S’y trouvent également une série de bronzes à patine blanche de Louise Bourgeois (Echos (2007)), un étonnant accrochage  de Claudio Dicochéa du celibrity-pop art, les très beaux portraits photographiques de Fiona Folley, une projection de Kohlemainen, les bonzaïs torturés de Shen Shaomin…

En conclusion, j’ai adoré, et été tour à tour émue, absorbée, secouée.
C’était très riche, nous n’avions pas l’impression d’avoir déjà tout vu et la mixité des genres était très réussie.
Oui, je sais, c’est loin. Mais si l’Australie vous a toujours tenté, c’est le moment de partir. (La biennale se termine le premier aout).
Prenez un hôtel dans le quartier des Roks : tout se fait à pied. Les 440 œuvres sont reparties dans 7 lieux emblématiques de la ville et 67 d’entre elles ont été spécialement créées pour la biennale.

N’hésitez pas à aller voir le site pour vous faire une idée : www.biennaleofsydney.com au

Bon voyage !

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