Claude Lévêque présente jusqu’au 26 novembre, à la Galerie Kamel Mennour, son nouveau projet Basse Tension. Ce tryptique, reparti dans trois pièces, aux atmosphères différentes est une installation sonore, visuelle et lumineuse impressionnante et extrêmement esthétique.
Dès l’entrée dans la galerie, la lumière est quasi inexistante et nous plongeons instantanément dans une ambiance lourde et sourde. La première salle est ornée au plafond de parapluies noirs devenus chauve-souris. Celles-ci semblent nous tomber dessus et bougent au rythme d’un ventilateur bourdonnant. Le contraste entre la pièce blanche et le plafond noir est saisissant.
Nous continuons vers la deuxième pièce où trône au centre une gigantesque paillasse en fer accrochée au plafond, sur laquelle reposent des draps évoquant des linceuls. Au dessus lévitent des néons blancs. Baignée d’une lumière bleue tamisée, cette pièce revêt un caractère anxiogène, l’idée de mort y est présente, à la fois douce et brute.
Le troisième espace est occupé par un enclos de bétail, qui laisse juste un étroit passage pour le contourner. Au milieu, un tutu de danseuse semble flotter sur une surface liquide. Une impression de défaite est dans l’air. La danseuse étoile est tombée et on se moque d’elle. Des haut-parleurs diffusent des rires fantomatiques, enregistrés sur la mélodie du Lac des Cygnes.
Une exposition aussi belle que bouleversante.

