Ce week-end, nous avons eu l’occasion d’assister à l’exposition « Personnes » de Boltanski au Grand Palais. Une installation d’art contemporain magnifique, pleine de sens et poignante.
Dès l’entrée dans la Nef, le choc est immédiat. L’artiste nous plonge directement dans un univers saisissant, froid et un peu angoissant. La première chose que l’on voit est un immense « mur » de boites à biscuits patinées et numérotées, comme nous le dira plus tard l’un des nombreux médiateurs chargés de renseigner les visiteurs. Ces boites font référence à la mémoire de ceux qui ont disparu, à la trace que chacun laisse derrière lui.
En dépassant ce « mur », on découvre un océan de vêtements éparpillés au sol, éclairés par des néons. De ces 69 rectangles de manteaux s’élèvent 69 battements de cœur. Ce bruit assourdissant crée une atmosphère lourde et pesante, contrebalancée par le panel de couleurs des vêtements qui envahit et illumine l’immensité de la NEF.
Au centre de cette installation, une grue rythme le parcours des visiteurs de ses montées et descentes. À chaque fois, l’engin saisit des vêtements qu’il lâche de
plusieurs mètres de haut en une pluie de couleurs. Les habits virevoltent dans les airs et finissent par s’échouer sur un tas de vêtements titanesque.
On comprend au fil de la visite que cette grue représente de façon très poétique la main du hasard, la main de la mort, la main de Dieu.
Avec l’exposition d’art contemporain «Personnes », Boltanski fait participer chaque visiteur. On entre physiquement dans l’œuvre par nos déambulations dans les allées, par le froid qui y règne et par les battements de cœur. Chacun contribue donc à cet hommage aux morts et à cette célébration de la vie. C’est une œuvre à expérimenter, courrez-y !
Informations pratiques :
- Monumenta 2010 : Personnes jusqu’au 21 février sous la nef du Grand palais
- A voir aussi : Après jusqu’au 28 mars au Mac/Val, musée d’art contemporain du Val de Marne www.macval.fr




















